Le Plan d’investissement dans les compétences à l’épreuve de ses publics et de ses dispositifs

Alors que le Plan d’investissement dans les compétences (PIC) a fait l’objet d’évaluations contrastées, cet ouvrage collectif propose de dépasser les lectures simplificatrices qui opposent foi aveugle dans la formation et dénonciation de son inefficacité.
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Le Plan d’investissement dans les compétences (PIC) a fait de la formation un levier central pour favoriser l’accès à l’emploi des personnes les plus éloignées du marché du travail et répondre aux besoins de recrutement des entreprises. Déployé à grande échelle, il a donné lieu à une multiplicité de dispositifs, d’expérimentations et d’innovations pédagogiques. Mais quels effets concrets ces dispositifs produisent-ils sur les parcours des stagiaires, les pratiques des professionnels et l’organisation du système de formation ? À partir d’enquêtes de terrain et d’évaluations conduites dans différents territoires, cet ouvrage analyse les publics visés, interroge les catégories d’action publique, examine les modalités d’accompagnement et met en regard les objectifs affichés avec les réalités de mise en œuvre. Il montre la diversité des situations, les contraintes institutionnelles, ainsi que les décalages persistants entre intentions, usages et résultats.

En 2018 est lancé le programme d’investissement dans les compétences (PIC). Son ambition initiale était d’améliorer l’accès à la formation des personnes les plus éloignées de l’emploi, de répondre aux besoins de compétences des entreprises, et de transformer le système français de formation professionnelle. Il s’est décliné en une multitude de dispositifs de formation professionnelle dont la mise en œuvre s’est étalée sur 5 ans. Véritable terrain d’expérimentations, il a nourri un nombre important d’évaluations et de travaux de recherche (Arbeláez Ayala et al., 2025). Pourtant, la remise de son bilan final en 2025 n’a pas suscité un intérêt médiatique particulier, si ce n’est à travers l’appréciation sévère qu’en a faite la Cour des comptes. Celle-ci répond « non » aux deux questions évaluatives qu’elle traite dans son rapport : le PIC a-t-il transformé le système de formation ? Les publics cibles du PIC ont-ils été atteints ? Et elle met cette évaluation en perspective en soulignant que le programme d’investissement dans les compétences est « très semblable à celui qui le précédait » (Cour des comptes, 2025, p.18). Autrement dit, elle rejoint les jugements souvent répétés des limites des politiques publiques dans ce domaine.

   

Télécharger Céreq Echanges, n° 28, mars 2026, 102 p .