L’impact du contrat d’engagement jeune sur les trajectoires professionnelles des bénéficaires

Un rapport de l'Institut des politiques publiques daté de janvier 2026, financé par la Dares analyse l'impact du Contrat d'engagement jeune (CEJ) sur les trajectoires professionnelles des jeunes bénéficiaires.
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Ce rapport propose une analyse du programme Contrat d’engagement jeune, en s’intéressant à la fois aux jeunes bénéficiaires du côté des Missions locales et de France Travail ainsi qu’à l’accompagnement proposé par les deux structures. Il présente une méthode pour évaluer l’impact du Contrat d’engagement jeune par rapport à celui de la Garantie jeunes. Depuis sa mise en œuvre jusqu’en juin 2024, près de 700 000 jeunes ont bénéficié de l’accompagnement proposé par le CEJ. À ce jour, le CEJ est majoritairement délivré par les Missions locales, qui regroupent plus de 60 % de l’ensemble des bénéficiaires.
Les bénéficiaires entrés en CEJ au sein des Missions locales présentent un profil similaire à celui des jeunes ayant bénéficié de la Garantie jeunes lors de sa phase finale. En restant dans le contexte des Missions locales, on observe une augmentation de la part des bénéficiaires ayant eu une expérience professionnelle au cours du trimestre précédant l’entrée dans le dispositif, ainsi qu’un nombre plus important de jeunes entrant dans le dispositif le même mois que leur arrivée à la Mission locale, par rapport aux bénéficiaires de la Garantie jeunes.
Les jeunes en CEJ accompagnés par France Travail présentent un profil distinct de ceux suivis par les Missions locales : ils sont en moyenne plus âgés, résident moins souvent en quartier prioritaire et sont plus fréquemment de nationalité française. Le niveau de formation des jeunes en CEJ accompagnés par France Travail correspond majoritairement aux cibles initiales du dispositif CEJ (baccalauréat, CAP, BEP). Si les jeunes suivis par France Travail présentent a priori un profil plus proche de l’emploi par rapport à ceux suivis en Missions locales, notamment par leur expérience ou niveau de qualification, cette perception peut être relativisée par la part conséquente de jeunes rencontrant au moins un frein à l’emploi à l’entrée sur le dispositif, de l’ordre de 30 %.
Au sein des Missions locales, l’accompagnement se caractérise par une durée plus courte par rapport à la Garantie Jeunes, mais par une fréquence plus élevée de rendez-vous avec le conseiller. La fréquence des interactions entre le jeune et la Mission locale varie en fonction de ses caractéristiques. L’analyse montre que les jeunes ayant eu une expérience professionnelle au cours du trimestre précédant l’entrée en CEJ interagissent moins fréquemment avec les Missions locales. Du côté de France Travail, l’accompagnement en CEJ est l’un des plus intensifs parmi le panel de dispositifs d’accompagnement que possède France Travail. Les jeunes rencontrent leur conseiller en moyenne plus de deux fois par mois tout au long de la durée de leur parcours. L’accompagnement est d’autant plus intense que les jeunes ont tendance à présenter des freins à l’emploi, ou sont éloignés de l’emploi, ce qui répond aux deux défis du contrat d’engagement jeune : lever des freins à l’emploi pour les jeunes durablement évincés du marché du travail.
Sur le plan des résultats, la comparaison des trajectoires d’emploi entre le CEJ et la Garantie jeunes suggère en effet globalement similaire à court terme, bien que le CEJ semble favoriser une reprise d’activité plus rapide. Cet effet est principalement tiré par les jeunes les moins qualifiés, tandis que la trajectoire des bénéficiaires les plus diplômés semble s’améliorer plus tardivement, autour de 18 mois après l’entrée dans le programme. L’effet mesuré reste toutefois modeste et statistiquement peu significatif en moyenne, ce qui souligne la continuité entre les deux dispositifs plus qu’une rupture. En définitive, le CEJ apparaît comme une évolution pragmatique de la Garantie jeunes : un dispositif un peu plus intensif, légèrement moins coûteux, et potentiellement plus réactif. Des données complémentaires seraient nécessaires pour évaluer l’effet du Contrat d’engagement jeune sur la levée des freins périphériques à l’emploi des jeunes bénéficiaires. Des travaux supplémentaires sont également nécessaires pour être en mesure d’évaluer l’effet causal du Contrat d’engagement jeune pour ses bénéficiaires inscrits à France Travail.

   

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