Se coaliser afin d’éviter que les uns s’épargnent des coupes budgétaires au détriment des autres. Lors d’une conférence de presse organisée ce mardi 20 octobre, les différentes têtes de réseau des structures d’insertion par l’activité économique* parlent d’une même voix pour demander le maintien de leurs crédits, avec l’Union nationale des missions locales ainsi qu’avec l’Udes et le Synesi, deux syndicats d’employeurs.
Dans l’insertion, selon leurs calculs, au moins 5 600 emplois en faveur des publics en difficulté vont disparaître sous l’effet des coupes du projet de loi de finances 2027. Ce chiffre agrège les pertes d’emplois réservé aux chômeurs anticipées dans l’insertion par l’activité économique (4 300), dans les entreprises adaptées (100) et dans les entreprises à but d’emploi (1 200). Une baisse qui s’ajoute aux "11.000 emplois déjà supprimés entre 2024 et 2026", ce qui représentait l’équivalent de 20.000 bénéficiaires en moins, a souligné Nadia Landry, présidente de la Fédération des entreprises d’insertion.
Les crédits pour la mission Travail et emploi reculent globalement de près de 2 milliards d’euros, soit quasiment 10% (lire notre article). Cela se traduit par de nouvelles baisses dans les dépenses de fonctionnement des missions locales (lire notre article) ainsi que dans les crédits d’intervention de l’insertion par l’activité économique.
Des structures en difficulté
La situation fragilise les ateliers et chantiers d’insertion, souvent de petite taille, faisant redouter une "catastrophe" au vice-président du réseau Chantier École, Jean-Philippe Trouvé. Au-delà de l’État, d’autres financeurs se retirent aussi. Ainsi, les régions Normandie et Grand Est couperont leurs aides aux missions locales de leur territoire, selon le président de l’UNML, Stéphane Valli. D’autres communes et intercommunalités pourraient leur emboîter le pas. Fin 2025, 40% des missions locales présentaient un résultat négatif.
*Fédération des entreprises d’insertion, Coorace, Emmaüs, TZCLD, Chantier École, Fédération des acteurs de la solidarité, Réseau Cocagne, Le Mouvement des régies, Union nationale des associations intermédiaires, et Union nationale des entreprises adaptées.